CATASTROPHE AZF - RISQUES INDUSTRIELS MAJEURS - POLLUTIONS - CITOYENNETE
« VIVEVOIX »
30 mars 2004 : à la demande générale, le site redémarre ...
Vos informations nous intéressent, écrivez-nous !
En Espagne, le 9 mars 2004 un événement semblable à la catastrophe de Toulouse LIRE ICI
Dossier complet
Décembre 2003 : la plainte SNPE contre Henri Farreny
(retirée le 12-01-2004)
ICI

C'est de l'humour (anglais)
"Si le monde explose,
la dernière voix audible sera celle d'un expert
disant que la chose est impossible"

Sacré Peter Ustinov, c'est de lui !
AZF :
les nigauds(1) et les canards(2)
qui brouillent les pistes


Une critique des deux articles parus le 16/4/2004 dans La Dépêche du Midi,
sous la signature de G.-R. Souillès (identifié dans la suite par : « l’auteur de l’article » ou : « l’auteur »)

En noir : texte des articles. En rouge et entre crochets : critique.

Titre et sous titre annonçant les articles, tout en haut de la première page de La Dépêche du 16/4/2004 :

AZF: l' hélico qui brouille les pistes
Avec le passage d’un hélico peut [sic] avant l’explosion
l’association Mémoire et Solidarité veut démontrer que la catastrophe n’était pas accidentelle

[MANQUE DE RIGUEUR : « avant », pourquoi « avant » ?
L’association Mémoire et Solidarité, qui réunit d’anciens salariés d’AZF, a révélé le 8 avril, par  conférence de presse, deux nouveaux témoignages (qu’elle avait déjà remis au juge en charge du dossier) concernant un hélicoptère présent au voisinage du site PENDANT la catastrophe du 21/9/2001…
Par ailleurs, une bande sonore FR3 et une expertise de cette bande par le BEA (Bureau Enquêtes et Accidents de l’Aviation civile) prouvent la présence d’un hélico environ une demi-minute APRES « l’explosion ».
Enfin une bande vidéo réalisée par M6 Toulouse montre un hélicoptère présent environ deux minutes APRES « l’explosion »
Alors pourquoi « avant » et non « pendant » et  « juste après » ?]
Premier article, en page intérieure
Chapeau :
TOULOUSE – DIVERSION
[« diversion » : expression manifeste d’un PRÉJUGÉ : contribuer à la recherche de la vérité c’est faire diversion ?].
L'ASSOCIATION MÉMOIRE ET SOLIDARITÉ QUI REGROUPE D'ANCIENS SALARIÉS DE L'USINE S'ÉCHINE
[« s’échine » : expression sarcastique : pourquoi se moquer a priori avant d’avoir donné les informations?].
À DÉMONTRER QUE LA CATASTROPHE DE TOULOUSE N'ÉTAIT PAS ACCIDENTELLE.
[expression d’un PRÉJUGÉ quant aux intentions de l’association ; expression aussi d’un autre PRÉJUGÉ déjà observé quant à la notion d’ « accident » ; depuis 2 ans et demi, au travers de nombreux articles, l’auteur n ‘évoque qu’une sorte d’accident : un accident résultant de mauvaises conditions de stockage au hangar 221 d’AZF (c’est ce qu’avait affirmé le procureur, 3 jours à peine après la catastrophe mais que l’enquête n’a pu confirmer, malgré deux ans et demi de tentatives diverses) ; depuis deux ans et demi, l’auteur, comme le procureur, rejette, sans discussion, toute autre sorte d’accident ; par exemple un accident (de stockage peut-être) à la SNPE ; par exemple un accident dû à l’éventuel impact d’un objet volant (civil ou non, peut-être) ; par exemple un accident d’origine militaire (peut-être lié à la surveillance anti-terroriste dont bénéficiaient certaines installations du site chimique]
APRÈS LES ISLAMISTES, LES ROQUETTES, VOICI LA PISTE AÉRIENNE...
[énumération non structurée annonçant une appréciation négative]

Titre :
AZF: l' hélico de tous les fantasmes

«Les salariés ne sont pour rien dans l'explosion du bâtiment 221 de l'usine AZF ». C'est en s'accrochant à cet axiome
[formulation liminaire qui laisse entendre que, pour l’auteur de l’article, « les salariés » ont tort de considérer comme établi qu’ils ne sont « pour rien dans l’explosion du bâtiment 221 »]
que l'association Mémoire et Solidarité, financée par le groupe Total
[« financée par le groupe Total » : voilà une formulation peu charitable sur le fond comme sur la forme ; d’emblée, l’auteur de l’article tente de disqualifier l’association (alors que mieux vaudrait coopérer constructivement). Cette tentative de disqualification est aussi incohérente qu’injuste et déplacée :
   1)   si l’auteur considère que l’argent de Mémoire et Solidarité est de l’argent sale, que ne condamne-t-il son propre journal qui a demandé beaucoup d’argent à cette association pour publier des appels à témoins et que ne refuse-t-il d’être rémunéré avec un tel argent ?
   2)   doit-on soupçonner un comité d’entreprise d’être un instrument de l’entreprise en prétextant qu’il est financé « par elle » ? l’auteur ignore-t-il que la cessation d’activités à AZF Toulouse a fait l’objet d’âpres négociations, entre les salariés et les propriétaires de l’usine ? l’auteur ignore-t-il la conviction populaire selon laquelle ce sont les travailleurs qui créent les richesses et qu’il est légitime de lutter pour ne pas s’en laisser déposséder ?
   3)   l’auteur ignore-t-il que les salariés de l’usine ont été victimes de la catastrophe, parfois à double ou triple titre (dégâts sociaux, dégâts matériels, dégâts physiques ? et que comme les autres catégories de victimes ils ont agi pour obtenir réparation ? Si Total contribue à cette réparation est-ce mal ? En est-il de même pour les autres catégories de victimes ou sinistrés à l’extérieur de l’usine ?
   4)   l’auteur apprécierait-il que l’on mette en cause telles ou telles de ses prises de position, en les liant a priori aux recettes publicitaires de son journal ? par exemple et par hypothèse, aux recettes qui auraient pu provenir de publicités de la SNPE  dans les années passées ?]
et regroupant d'ancien employés et syndicalistes du site s'est constituée. Malgré les éléments accablants qui attestent des conditions désastreuses du stockage des ammonitrates,
[AFFIRMATION PÉREMPTOIRE, MAL CIBLÉE : aucun lien causal n’a pu être établi, depuis 2 ans et demi, entre le DECLENCHEMENT de la catastrophe et les conditions de stockage du hangar 221 ;
   par contre, si la DRIRE Midi-Pyrénées, la Préfecture, l’État avaient appliqué la réglementation Seveso aux activités nitrates d’ammonium de l’usine, comme il était dû depuis 1989 (soit une dizaine d’années avant l’arrivée de Total sur le site), les effets de la catastrophe (quelles que soient ses causes matérielles immédiates) auraient, vraisemblablement, été réduits ;
   si La Dépêche avait fait son devoir d’information, depuis 1989, quant à la non application patente de la réglementation Seveso on n’en serait peut-être pas là non plus à Toulouse ;
   si La Dépêche avait fait son devoir d’information, depuis le 21/9/01 sur les responsabilités patentes quant à la genèse de la catastrophe de Toulouse, les centaines de sites Seveso de France qui travaillent dans l’illégalité depuis 15 ans (notamment : violation de l’obligation de réviser les Plans Particuliers d’Intervention tous les 5 ans) auraient peut-être fait l’objet d’importantes améliorations concernant la sécurité]
l'association rejette en bloc les conclusions de l'enquête judiciaire
[INEXACT : deux ans et demi après la catastrophe, il n’existe pas de « conclusions de l’enquête judiciaire »]
qui privilégie sur la base de constatations scientifiques précises
[INEXACT : de vrais scientifiques contestent, scientifiquement, les élucubrations de prétendus experts et il est permis de s’interroger sur la compétence - et quelquefois l’indépendance – de ces personnes]
l'accident chimique industriel. Il y a un mois, ces salariés ont lancé un nouvel appel aux témoignages « à la recherche de nouveaux indices ». Un exercice improbable [PRÉJUGÉ]. Sur les 300 appels reçus deux ans après la catastrophe, rien de nouveau [PRÉJUGÉ], ni de déterminant [PRÉJUGÉ] n'a été enregistré sinon la piste d'un mystérieux hélicoptère, objet de tous les fantasmes
[OMISSIONS : l’article passe sous silence les nouveaux éléments, recueillis grâce à l’association, confirmant qu’il y a eu 2 explosions et non pas une seule ; il ne dit mot du tableau de délais observés entre les deux détonations, tableau remis par l’association au juge et aux journalistes, qui confirme l’inanité de l’explication tendant à faire croire que c’est une seule explosion qui a causé deux détonations]

1. Un hélicoptère a-t-il survolé la zone avant l'explosion ?
[pourquoi « AVANT » alors que témoignages et preuves matérielles portent sur PENDANT et JUSTE APRES  ?]
«Il est évident que la présence d'un hélicoptère au moment de l'explosion, au niveau du champignon, muni d'une échelle de corde est directement liée à l'explosion ». Voilà la conclusion pour le moins hâtive
[PRÉJUGÉ : la qualification « hâtive » est pour le moins… légère et… précipitée, car l’auteur ne propose aucune explication - quant à la présence de cette échelle de corde - possiblement NON « directement liée à l’explosion »]
du « rapport » que la commission « Vérité » de l'association a publié à l'attention de la presse. Qu'en est-il au juste ? Selon la commission, un témoin, en l'occurrence un facteur « assermenté » assure avoir aperçu un appareil
[MANQUE DE RIGUEUR : dans les extraits du témoignage de cette personne publiés par l’association il est question d’un « hélicoptère » pas d’un « appareil »]
« avec une échelle de corde » au-dessus de l'usine.
[DÉFORMATION : le témoignage publié ne dit pas « au-dessus de l’usine »]
Un bruit d'hélicoptère a bien été enregistré sur la bande-son d'un reportage de FR3 réalisé ce jour-là au collège de Bellefontaine.
[OMISSION : le bruit d’hélicoptère se situe environ une demi-minute APRES la catastrophe mais le lecteur n’en sera pas informé par l’auteur]
Un hélicoptère filmé par une équipe de M6
[CONCLUSION HÂTIVE : l’hélicoptère filmé par M6 l’a été entre deux et trois minutes après la catastrophe ; jusqu’ici rien ne prouve qu’il s’agit du même que celui dont le bruit a été enregistré par FR3]
présente également dans le collège pour couvrir une grève. Le journaliste a retrouvé la cassette vidéo jeudi dernier,
[OMISSION : le journaliste de M6 a cherché cette cassette COMME SUITE A la conférence de presse de l’association Mémoire et Solidarité qui a rendu publics les nouveaux témoignages concernant un hélicoptère ; l’auteur de l’article ne devrait-il pas rendre grâce à l’association plutôt que de la maltraiter ?]
après l'avoir égaré. Il affirme que l'hélicoptère se trouvait au-dessus de Bellefontaine
[Admettons que le journaliste de M6 ait bien dit cela ; à vérifier,compte tenu de la déformation de témoignage du « facteur », quant à la localisation, signalée plus haut…]
et non sur l'usine AZF entre deux et trois minutes après l'explosion selon son souvenir.
[… néanmoins, la position de l’hélicoptère « deux à trois minutes après l’explosion » n’est pas forcément la même que celle qu’il avait au moment de la catastrophe]
Précision d'importance, sur les images l'hélicoptère en question, « de couleur claire et sur lequel on devine un peu de bleu » n'avait pas d'échelle de corde.
[1) rien ne prouve qu’il s’agit du même hélicoptère que celui vu par deux témoins, au moment de la catastrophe, avec échelle de corde pendante, et 2) ce pourrait être le même hélicoptère mais qui aurait rentré ou largué l’échelle de corde]
Il faut souligner que l'espace aérien a été fermé dans les minutes qui ont suivi la catastrophe.
[soulignement de prime abord inutile : la « fermeture » de l’espace n’invalide en rien les témoignages humains et les preuves matérielles quant à la présence d’un hélicoptère, au moins, « dans les minutes qui ont suivi la catastrophe »]
Aucun appareil ne pouvant plus décoller ou se poser sur les aérodromes toulousains
[précision de prime abord sans guère d’intérêt : 1) une particularité notable des hélicoptères c’est qu’ils se posent aisément – ou décollent - hors aérodromes et 2) un hélicoptère qui a réussi à se cacher depuis deux ans et demi devait avoir des raisons et des moyens pour se rire d’une éventuelle surveillance des aérodromes].

[Récapitulatif.
Le titre de cette section 1 était : « Un hélicoptère a-t-il survolé la zone avant l’explosion ».
L’auteur de l’article n’a pas répondu, explicitement, à sa propre question (au demeurant bizarrement posée : pourquoi « avant » ?).
Néanmoins on peut observer que :
—  l’auteur ne conteste pas vraiment, en tout cas : pas frontalement, les 2 témoignages de présence d’un hélicoptère PENDANT la catastrophe ; il semble enclin à admettre que la présence d’une échelle de corde ne serait pas directement liée à la catastrophe, mais ne propose aucune hypothèse alternative ;
—  l’auteur reconnaît qu’un hélicoptère a été filmé, par M6, entre deux et trois minutes APRES l’explosion, mais « au-dessus de Bellefontaine » ; il admet, sans discussion aucune, qu’il s’agit de l’hélicoptère enregistré par FR3 tout en omettant de dire que cet enregistrement-là a eu lieu une demi-minute environ APRES la catastrophe, soit au moins une minute et demi avant l’enregistrement de M6 ; l’auteur ne pose pas la question de savoir où se trouvait l’hélicoptère enregistré par FR3 ;
—  l’auteur ne pose aucune des questions qui viennent immédiatement à l’esprit : 1) qui peut être pilote/propriétaire/commanditaire d’un hélicoptère qui a volé tout près de la catastrophe mais qui, 2 ans et demi après, ne s’est pas fait connaître pour témoigner et expliquer sa présence ? 2) comment un hélicoptère pouvait-il voler tout près de la catastrophe sans qu’aucune autorité ne l’ai su ou dit depuis 2 ans et demi ?]

2. Un survol aérien peut-il être à l'origine de l'explosion ?
[Pourquoi restreindre à un « survol  aérien » : pourquoi pas « présence aérienne » voire « intervention aérienne » ?
   Pourquoi restreindre par : « peut-il être à l’origine de » au lieu de : « peut-il être lié à », par exemple ?
   Pourquoi ne pas poser la question : « Un survol aérien peut-il apporter des informations sur etc. » ? Voire : « Un survol aérien caché pendant 2 ans et demi peut-il apporter des informations sur etc. » ?
   Pourquoi « survol aérien » plutôt que « présence d’un hélicoptère » ?
   Pourquoi, etc.
   Tout bien réfléchi, pour examiner convenablement l’appréciation de l’association Mémoire et Solidarité, il semble incontestable que la question aurait dû être :
   « Une présence d’hélicoptère à proximité du site, avec échelle de corde pendante, cachée pendant 2 ans et demi, peut-elle être directement liée à la catastrophe ? »]
La présence d'un hélicoptère ou de quelque autre objet volant
[« objet volant » : est-ce que l’auteur fait allusion aux témoignages sur la présence d’un drone qui ont été portés à la connaissance du juge, mais dont La Dépêche n’a guère parlé à ma connaissance ?]
à proximité du site ne change rien aux circonstances de l'explosion du bâtiment 221 [AFFIRMATION PÉREMPTOIRE] telles qu'elles ont été reconstituées par les experts [AFFIRMATION PÉREMPTOIRE]. L'épicentre de la déflagration a été localisé
[INEXACT : à l’heure qu’il est le juge dispose de nombreuses preuves de l’occurrence de 2 explosions distinctes dans l’espace et le temps ; 2 ans et demi après, il n’est absolument pas prouvé que le cratère sous le bâtiment 221 corresponde à l’événement sismique de magnitude 3,4 repéré à Toulouse ce matin-là ; a contrario, on sait maintenant que la désintégration totale de 25 tonnes de nitrates d’ammonium peut engendrer un grand cratère mais sans trace sismique : voir l’accident du 9 mars 2004 en Espagne, accident auquel La Dépêche n’a pas jugé utile de consacrer un reportage ou un article]
les 300 tonnes d'ammonitrates stockés dans le hangar 221, qui ont explosé seulement en partie, au niveau du sol, en creusant un profond cratère de 15 mètres de profondeur et une cinquantaine de mètres de largeur. Toutes les études balistiques confirment la direction conique du souffle et des projections, du c¦ur du bâtiment vers l'extérieur. Pour les experts, l'explication ne peut être qu'interne à l'usine.
[INEXACT : cette restriction n’est le fait que de certains des experts judiciaires, notamment d’un expert dont l’indépendance par rapport à la SNPE pose question ; certes le cratère est « interne à l’usine » mais de nombreux éléments démontrent que la déflagration qui a engendré le cratère n’est pas le premier événement-sinistre]
« Même un missile ne pourrait faire détoner un tel tas de nitrate, matière inerte dans des conditions de stockage normales »
[AFFIRMATION PÉREMPTOIRE ; citation de qui ? L’auteur de l’article, qui a maintes fois écrit qu’il suffisait, pour déclencher l’explosion, d’abord (de fin septembre à fin décembre 2001) d’une banale « soupe chimique », puis (de fin décembre 2001 à aujourd’hui) de déverser sur le nitrate un produit chloré courant, ne semble pas se rendre compte que croire en ces « explications » (au demeurant contredites depuis 2 ans et demi par les travaux expérimentaux) est antagonique avec les affirmations répétées (par l’auteur, suivant aveuglément en cela le procureur Bréard, depuis le début) selon lesquelles il serait très difficile à des agents malveillants de faire sauter le stock de nitrate du bâtiment 221. S’il suffit de verser tel produit chloré sur le nitrate pour provoquer une explosion, voilà une méthode simple et efficace pour d’éventuels agresseurs : déverser ledit produit sur le nitrate !]

[Récapitulatif.
   Le titre de cette section 2 était : « Un survol aérien peut-il être à l’origine de l’explosion ? » alors qu’examiner l’appréciation de l’association appelait la question : « Une présence d’hélicoptère à proximité du site, avec échelle de corde pendante, cachée pendant 2 ans et demi, peut-elle être directement liée à la catastrophe ? »
    Néanmoins l’auteur de l’article ne traite pas la question, très restrictive, qu’il a lui-même posée.
    Il affirme, péremptoirement, que « l’explosion » a une origine « interne à l’usine »… sans examiner aucunement comment un « survol aérien » pourrait être « à l’origine de l’explosion ».
    Ainsi, puisque l’auteur évoque spontanément l’hypothèse d’un missile (tiré depuis l’hélicoptère ? pardon l’engin « aérien », ou tiré vers lui ?) pourquoi ne pas envisager qu’un tel missile ait frappé une ligne électrique, ou une autre installation ? Et même sans missile, ne doit-on pas envisager, comme hypothèse, que l’engin « aérien » (ou un morceau) ait heurté une ligne électrique, ou une autre installation ?
    Enfin, sachant que, lorsqu’un engin « aérien » se trouve être un hélicoptère, il peut interrompre un « survol » afin de débarquer ou embarquer des passagers, soit en se posant, soit en stationnant (usage possible de l’échelle de corde dont fait état le « facteur »), il est dommage que l’auteur de l’article n’ait pas discuté ni même mentionné ces éventualités]

3. La piste de l'hélico a-t-elle été étudiée par la police?
Vérifier tout, même les hypothèses les plus farfelues, et « fermer les portes » : les enquêteurs en ont pris l'habitude. L'enregistrement audio de FR3 a déjà fait l'objet de recherches par le SRPJ. Selon les recoupements effectués par les policiers, ce bruit d'hélicoptère pourrait correspondre à un appareil militaire qui s'est posé à Francazal avant l'explosion et qui était au « roulage », prêt a redécoller quand la catastrophe s'est produite
[L’auteur n’a pas dit que l’enregistrement d’hélicoptère détenu par FR3 date d’environ une minute APRES la catastrophe ; mais s’il a vu la bande FR3 (ce qui est la moindre des choses, pour un article de cette importance et si tranchant) il sait que l’hélicoptère est perçu au collège de Bellefontaine environ une minute APRES la catastrophe. Dans ces conditions, est-ce que l’auteur sous-entend qu’au collège de Bellefontaine on a entendu un hélicoptère « au roulage » à Francazal ?].
Rien de mystérieux donc. Reste que les images de M6 ne semblent pas plaider [énigmatique modulation de l’auteur] pour un hélicoptère militaire.
[l’auteur considère peut-être qu’un hélicoptère militaire est peint en bleu blanc rouge, vole au garde-à-vous et porte képi ? ne pas oublier que l’hélicoptère filmé par M6 a réussi à rester caché depuis 2 ans et demi]
La cassette vidéo a été remise aux policiers qui vont étudier précisément la question la semaine prochaine en vue d'une identification de l'appareil. Les enquêteurs font déjà remarquer que le facteur témoin se trouvait à 1,7 km de l'usine.
[IMPRECISION, l’auteur aurait dû écrire: à 1,7 km DU CRATERE, car c’est à ce repère qu’est associée la distance de  1,7 km indiquée par l’association Mémoire et Solidarité]
Difficile dans ces conditions d'apprécier les distances
[lesquelles ? quelles distances le « facteur » devait-il apprécier ?]
et de voir une échelle de corde…
[MANQUE DE RIGUEUR :  le « facteur » n’a jamais dit être à 1,7 km de l’hélicoptère ; il a été noté qu’il était à 1,7 km DU CRATERE ; le témoin pouvait être plus près de l’hélicoptère que du cratère]

[Récapitulatif.
   Le titre de cette section 3 était : « La piste de l’hélico a-t-elle été étudiée par la police ? ».]
   Le peu que l’auteur rapporte quant à « l’étude » par « la police » de « la piste de l’hélico » semble très léger :
—  l’auteur laisse entendre que des policiers estiment qu’un hélicoptère au « roulage » à Francazal a été enregistré au collège de Bellefontaine ? Voilà qui mérite des expérimentations et vérifications ;
—  l’auteur laisse entendre que des enquêteurs ont confondu la distance qui séparait le « facteur » du cratère, avec celle qui séparait le « facteur » de l’hélicoptère.
   Pour nourrir la réponse à sa propre question, l’auteur aurait pu rappeler que :
—  ce n’est pas la police mais l’association qui a reçu (après ses appels – payants - dans La Dépêche) deux témoignages relatifs à la présence d’un hélicoptère au moment de la catastrophe ; que l’association a communiqué les attestations judiciaires au juge ; que le juge a demandé à la police d’entendre les témoins découverts par l’association ; chapeau l’association !
—  c’est comme suite à la conférence de presse donnée le 8/4/2004 par l’association (notamment : révélation de ces deux témoignages et retour insistant sur l’enregistrement FR3 connu depuis longtemps) que M6 Toulouse a recherché et retrouvé des images d’un hélicoptère présent au voisinage de la zone chimique peu après la catastrophe, que M6 Toulouse les a diffusées, puis que M6 Toulouse les a transmises à la police ; képi l’association ! (là c’est la police qui remercie)]

4. Les témoignages recueillis par les anciens salariés présentent-ils un intérêt pour l'enquête?
Phénomènes lumineux, double explosion, dérèglements électriques, flammes, éclairs… Les témoignages recueillis par l'association ne varient guère de ceux collectés immédiatement après le drame par les services d'enquête.

[AFFIRMATION PÉREMPTOIRE ; pourquoi croirait-on l’auteur sur parole, sans démonstration ? Par ailleurs : alors que l’enquête dure depuis deux ans et demi, l’auteur considèrerait-il que tout était dit « immédiatement après le drame » ? Dans ce cas pourquoi l’instruction n’est-elle pas terminée, depuis 2 ans et demi, malgré certaines annonces journalistiques répétées de conclusions imminentes ?]
Autant de perceptions visuelles ou sonores qui ne sont pas incompatibles avec la reconstitution scientifique de la catastrophe,
[AFFIRMATION PÉREMPTOIRE : LA reconstitution scientifique ? Laquelle ? Les hypothèses de la « soupe chimique » puis du déversement d’un produit chloré ne sont absolument pas validées, au contraire ; voir l’échec total de la « reconstitution », au sens précis, sur le terrain]
notamment les études sismologiques qui ont enregistré une seule explosion.
[MANQUE DE RIGUEUR. :
   1)   les sismographes – et non « les études sismologiques » - n’ont enregistré qu’un événement sismique de magnitude importante : 3,4 sur l’échelle de Richter ;
   mais personne n’a démontré que l’épicentre de cet événement sismique soit le hangar 221 d’AZF ;
   l’accident survenu en Espagne le 9 mars 2004 (voir plus haut) démontre que 25 tonnes de nitrate peuvent exploser sur un sol rocailleux (le bas-côté de la route) et engendrer un vaste cratère sans trace sismique notable ; l’association Mémoire et Solidarité a fait état de cet accident lors de la conférence de presse du 8/4/2004, mais l’auteur de l’article n’en dit mot ;
   il est donc tout à fait possible que la trace sismique de magnitude 3,4 située, imprécisément, à Toulouse le 21/9/01 corresponde à un autre évènement qui se serait produit ailleurs qu’au hangar 221 (par exemple : à quelques centaines de m) ;
   les « études sismologiques » sont loin d’être terminées : diverses nouvelles expérimentations sont attendues ; La Dépêche n’a pas rendu compte de l’audience judiciaire très instructive qui a opposé la SNPE à Total, début janvier 2004, à Toulouse : la SNPE voulait obtenir qu’aucune expérimentation sismologique n’ait lieu à partir de ses terrains ;
    2)  si une explosion unique avait provoqué deux bruits, l’un résultant d’une onde propagée via le sous-sol, disons à 2,7 km par seconde (exemple de valeur réaliste), et l’autre résultant d’une onde propagée dans l’air à la vitesse du son (de l’ordre du tiers de km par seconde), alors, pour un témoin situé à 27 km (par exemple) de l’explosion, le premier bruit serait entendu au bout de 10 secondes et le deuxième au bout d’environ 81 secondes (soit une minute et onze secondes plus tard que le premier) ; or plusieurs témoins situés à de telles distances (2, 3, 4 dizaines de km) ont observé un écart entre les deux bruits de l’ordre de la dizaine de secondes, jamais, loin s’en faut, de l’ordre de la minute ; l’association Mémoire et Solidarité a diffusé à la presse, à ce sujet, un tableau très éloquent, dont l’auteur de l’article ne dit mot ;
    3)  le juge dispose de plusieurs TÉMOIGNAGES VISUELS des deux explosions (fumées, panaches, etc.,) outre les témoignages auditifs (deux bruits espacés de quelques secondes) ; le recoupement géométrique de ces témoignages visuels désigne une zone située à plusieurs centaines de mètres du hangar 221 ;
   4)  l’occurrence de 2  explosions, à quelques centaines de mètres l’une de l’autre et à quelques secondes d’intervalle est  accréditée par d’autres faits et analyses (bandes sonores au moment de l’explosion, relevés électriques, relevés téléphoniques…)]
Après les terroristes islamistes, les roquettes parties du Mirail, la piste de l'arc électrique ou la thèse d'une première explosion à la SNPE,
[AMALGAME hétéroclite DÉSINFORMATIF]
toutes thèses battues en brèche,
[suite de l’amalgame]
l'association mise sur
[mise en cause inconsidérée et indélicate des intentions de l’association]
la piste de l'hélicoptère et son échelle de corde, jugeant très sérieusement « au vu des témoignages complémentaires apportés que la piste émergente est celle du terrorisme ».
[CITATION TRONQUÉE SUR PLUSIEURS POINTS ; l’association a écrit dans le dossier remis à la presse : « Au vu du dossier d’instruction et des témoignages complémentaires que nous apportons, c’est évidemment la piste « terrorisme/contre-mesures » qui émerge » ; une fois de plus l’auteur minimise (ici il convient de dire : ampute) les propos de l’association qui soulèvent l’hypothèse d’une action anti-terroriste (réactive ? préventive ? accidentelle ?)]
Bref, celle d'un attentat qui n'a d'ailleurs jamais été revendiqué.
[INEXACT ; le même auteur écrivait le 17/1/03, dans La Dépêche, que la rédaction du journal avait reçu de nombreuses lettres et fax de revendication (tout en considérant, unilatéralement, sans démonstration, qu’aucun n’était crédible). L’auteur devrait se limiter à dire qu’aujourd’hui comme hier il ne croit pas à ces revendications, voire expliquer pourquoi. Mais par un raccourci très personnel il tronque la réalité]
À trop vouloir prouver on s'expose au ridicule [EXACT]. Côté police, on subodore « de nouvelles manoeuvres dilatoires ».
[De quel côté de la police ? Des manoeuvres dilatoires, mais de qui ? Des propriétaires de l’hélicoptère par exemple ?]

[Récapitulatif.
   Le titre de cette section 4 était : « Les témoignages recueillis par les anciens salariés présentent-ils un intérêt pour l’enquête ? ».
   Considérant les affirmation(s) péremptoires) et amalgame(s), le manque de rigueur, les troncatures de citation(s), les inexactitude(s) et impasse(s), je crois qu’un lecteur normalement attentif de l’article est porté à conclure que :
   1)   les témoignages recueillis par les anciens salariés présentent un intérêt pour l’enquête et
   2)   les témoignages recueillis par les anciens salariés ne présentent aucun intérêt pour l’auteur de l’article.
   (pour la conclusion 1 je présume ; pour la conclusion 2 j’en suis presque sûr)]

5. En l'état actuel de l'enquête judiciaire, peut-on douter de la thèse de l'accident ?
Comme pour le World Trade center, les théories du complot prospèrent sur le soupçon classique du « On nous cache quelque chose».

[Oui, « On nous cache quelque chose ». Juste quelques exemples en vrac (et en quelques lignes) car on pourrait en présenter des dizaines (et de manière plus structurée et équilibrée, certes) :
    « On » nous a caché que la loi était violée, depuis 1989, par des gens chargés de la faire respecter (dont préfets, dont ministres), concernant l’application de la réglementation Seveso aux activités nitrates d’ammonium de Grande Paroisse-AZF ;
    « On » nous a caché que des centaines de sites Seveso de France étaient hors-la-loi (obligation de révision tous les 5 ans des Plans Particuliers d’Intervention, non respectée depuis 1989 : voilà une violation patente de la légalité qui n’a encore entraîné aucune mise en examen ni suscité aucun dossier de La Dépêche) ;
   « On » nous a caché que la SNPE avait subi des dégâts dans certaines installations techniques  et que le ministre Yves Cochet s’était déshonorablement contenté d’un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement entaché à ce sujet d’incomplétude et d’incompétence, ou de complaisance (ou les trois) ;
   « On » nous a caché qu’un des prétendus experts chimistes avait en juin 2002 présenté aux parties civiles, via un film vidéo, un test faussé : l’échantillon de « nitrate impur » qu’il parvenait à faire exploser ne contenait que 0,74 % de nitrate ;
   « On » nous a caché qu’un autre prétendu expert était lié à la société Lacroix-Ruggieri, laquelle a racheté fin 1999 à la SNPE le juteux secteur des… leurres militaires ; a-t-on voulu, veut-on empêcher l’opinion publique de s’interroger voire de s’indigner quant au fait que cet expert ait à traiter d’une enquête dans laquelle nombre de pièces concernent la SNPE ?
   « On » nous a caché l’inanité de la fable selon laquelle c’est une seule explosion qui a engendré deux bruits : « un entendu par les oreilles et l’autre par les pieds » ( !) ; « On » nous a caché que même la sismologue toulousaine dont une note mal interprétée, rédigée au lendemain de la catastrophe (à la demande de la DRIRE) est à l’origine de ladite fable, déclare depuis longtermps qu’elle ne peut en aucune manière affirmer que le cratère d’AZF corresponde à l’événement sismique de magnitude 3,4 ni qu’il n’y a eu qu’une seule explosion ;
   « On » nous a caché que des témoignages visuels (parvenus au juge) font état de deux explosions et que leur recoupement géométrique désigne une partie de la zone chimique hors AZF ;
    « On » nous a caché des quantités de faits et d’analyses (pourtant parvenus au juge) qui prouvaient ou confirment l’occurrence de deux explosions ;
    « On » nous a caché que la SNPE traîne les pieds, même devant les tribunaux, quant à des expérimentations auditives et sismiques à partir de son territoire ;
    « On » nous a caché qu’un camion chargé de 25 tonnes de nitrate d’ammonium s’est désintégré en Espagne le 9/3/2004 ;
que cette explosion a été déclenchée dans des conditions qui n’ont rien à voir avec celles du hangar 221 d’AZF : collision entre véhicules avec départ de feu immédiat, déversement du gasoil du camion sur le nitrate, violent incendie pendant demi-heure conduisant à l’explosion du chargement  ;
                « On » nous a caché que cette explosion a engendré un cratère de 20 m de diamètre et 5 m de profondeur, qu’à 40 km à la ronde on n’a entendu qu’une explosion, qu’aucune trace sismique significative n’a été observée ;
cet accident n’était-il pas intéressant pour réfléchir à la catastrophe de Toulouse ?
               « On » nous a caché que cette explosion en rase campagne a fait 2 morts et 5 blessés et que, si l’accident s’était produit 2 km plus loin, la bourgade de Barracas aurait pu être gravement meurtrie voire dévastée, comme des quartiers toulousains l’ont été ;
                « On » nous a caché que huit jours après, sur la même route espagnole, un autre camion qui transportait 22 tonnes de nitrate d’ammonium, venant de France indiquaient cette fois les journaux espagnols, s’est renversé, mais sans départ de feu, sans mélange gasoil-nitrate, sans incendie et finalement sans explosion ;
réfléchir sur les risques de nouvelles « catastrophe AZF » sur les routes de France ou de Navarre, çà ne méritait pas un article ?
   « On » nous a caché qu’un hélicoptère (au moins) était présent au voisinage du site au moment de la catastrophe (selon 2 témoignages visuels au moins), une demi-minute après (FR3 + BEA) et deux à trois minutes après (M6) ;
c’est cette cachotterie, indéniable, contondante, significative, mise en pleine lumière par l’association, qui a conduit l’auteur à écrire le présent article ;
néanmoins, sans crainte du paradoxe, il le termine en s’étonnant du scepticisme ambiant quant à la sincérité d’une grande part de l’information officielle… et médiatique]
Mais qu'y aurait-il à cacher au juste dans l'explosion d'AZF, ses 30 morts
[30 ou 31 morts ? Hélas, même le décompte des morts est très incertain pour le juge, vu les nombreuses vérifications et recherches qu’il a commandées à ce sujet auprès des policiers, personnels de secours, personnels hospitaliers….
Entre autres incertitudes et anomalies : l’identité d’une personne tuée sur le site pose encore problème ; selon des témoignages journalistiques (L’Express/Le Figaro/L’Est Républicain…) ni rapportés ni contredits dans La Dépêche, un procès-verbal d’« examen du corps » précise qu’aucune cicatrice ni tatouage ne sont visibles et que la personne a les yeux noirs ; un  « rapport d’autopsie » de la même personne (en principe) fait état d’une cicatrice chirurgicale et d’un tatouage ; la couleur des yeux n’est pas précisée mais selon des journalistes qui ont vu une photo prise à l’autopsie ils apparaîtraient bleus.]
et ses milliers de blessés ? Rien,
[AFFIRMATION PÉREMPTOIRE : toutes les cachotteries patentes, – voir les quelques exemples précédents - sont balayées en 1 mot de 4 lettres : « rien » ; en conséquence, la question du pourquoi (pour quels intérêts ?) de ces cachotteries n’est pas posée, ni celle du comment (avec quels moyens, quelles implications?) ; au vu des faits et des témoignages n’est-il donc pas permis d’envisager que les coupables, quels qu’ils soient, fassent tout pour échapper à leurs responsabilités ?]
sinon une usine aux portes de la ville dont certains secteurs ne respectaient plus les normes de sécurité.
[AFFIRMATION qui 1) mérite un vrai débat, informé, compétent et contradictoire ; l’auteur est-il partant pour ce type de débat ? 2) doit être reliée scientifiquement non péremptoirement, au déclenchement de la catastrophe]
Une usine classée Seveso
[EXACT ! mais OCCASION RATÉE ; ici l’auteur aurait pu continuer par: « depuis 1989, non seulement pour les activités liées au chlore et à l’ammoniaque mais aussi pour celles liées au nitrate d’ammonium]
et pourtant mal contrôlée par l'administration.
[suite de l’OCCASION RATÉE ; ici l’auteur pouvait préciser : « puisque qu’aucun des préfets successifs n’a imposé à la direction de l’entreprise – longtemps sous tutelle de l’État avant de passer sous la coupe de Total -.des prescriptions techniques conformes à la réglementation Seveso »]
Les scandales sont là.
[conclusion de l’OCCASION RATÉE ; ici l’auteur pouvait ajouter « C’est pourquoi, notre journal souhaite que toute la lumière soit faite sur les responsabilités administratives, à tous les niveaux, qui, faute d’études de danger, faute de mesures de protection, ont rendu la catastrophe si meurtrière et dévastatrice, quel que soit  le mode de déclenchement »
Pour le reste, l'enquête judiciaire a largement démontré, à ce jour, l'explosivité du nitrate dans les conditions de pollutions diverses relevées sur le site
[FALLACIEUX : l’enquête judiciaire n’a pas réussi à prouver que le déversement éventuel d’un produit chloré (DCCNa) sur du nitrate dans les conditions existant dans le sas du hangar 221 déclenchait une explosion]
Quant à «l'étincelle», le point le plus difficile à établir, les experts penchent pour un mélange malencontreux chlore-nitrate qui vaut à deux employés et au directeur, Serge Biechlin, une mise en examen
[MANQUE DE RIGUEUR :
   1)   implicitement, l’auteur admet que la responsabilité des trois personnes qui restent mises en examen (depuis près de deux ans !) n’est pas établie ; elles doivent donc être présumées innocentes ; ce qui suppose qu’on ne s’impatiente pas ou détourne l’attention lorsque des faits patents obligent à envisager d’autres « pistes ». A force de « pencher » (2 ans et demi en porte-à-faux ?).lesdits « experts » ne risquent-ils pas de tomber… dans la persécution d’innocents ? Le rôle des experts consiste pour partie à évaluer et exploiter les témoignages qui existent ; il n’est pas de s’acharner indéfiniment sur les 3 mis-en-examen qui demeurent (sur 13 rappelons-le) ni d’écarter sommairement les centaines de témoignages dérangeants ;
   2)   l’auteur semble n’envisager qu’une manière d’expliquer les trois mises en examen (restantes car dix non-lieux ont déjà été prononcés) ; en effet il affirme que c’est le penchant de certains « experts… pour un mélange malencontreux mélange chlore-nitrate… » qui « vaut… une mise en examen » ; pourtant, parmi les autres facteurs qui peuvent avoir conduit aux (treize initialement) mises en examen ne faut-il pas considérer le poids des préjugés (par exemple ceux que le procureur a déclarés de façon éclatante dés le début), quelle que soit leur source ?]
Total réfute ce scénario après reconstitution.
[FALLACIEUX : la reconstitution (au sens judiciaire : c’est-à-dire l’expérience sur le site d’un déversement de DCCNa sur du nitrate)  a démontré que la confusion entre DCCNa et nitrate est impossible : les « experts » accusateurs sont partis en courant dés les premières pelletées car l’atmosphère était irrespirable]
C'est là désormais tout l'enjeu de la procédure judiciaire.
Gilles-R. Souillés.

[Récapitulatif
   Le titre de cette section 5 était : « En l’état actuel de l’enquête judiciaire peut-on douter de la thèse de l’accident  ? ».   L’auteur assimile le doute à un « soupçon classique », interprétation réductrice et péjorative, qui ne peut remplacer l’examen des faits et une argumentation rationnelle.
    Néanmoins l’auteur doute que l’ « on nous cache quelque chose », sans davantage considérer les faits et sans produire un raisonnement vérifiable.]

Deuxième article (entretien), en page intérieure, sous le précédent

3 QUESTIONS À
Jacques Mignard, président de l'association Mémoire et Solidarité


Votre association donne l'impression de vouloir à tout prix trouver une cause extérieure à l'usine ?

Absolument pas. Si nous avons lancé notre appel à témoins, c'est à cause de l'incapacité de l'enquête à déboucher sur une explication sérieuse en s'obstinant sur la piste chimique. 31 mois après la catastrophe, on ne sait pas ce qui s'est passé. Il n'y a pas de précédent dans l'histoire. Soit l'enquête est orientée, ce que l'on croit, soit il faut écrire une nouvelle page de la chimie.

Vous raisonnez comme si rien n'avait été établi en 2 ans d'investigations en mettant en cause policiers et experts. Pourquoi cette défiance ?

Les experts ont bâti une théorie fumeuse. C'est un leurre. On nous cache quelque chose. On peut imaginer beaucoup de scénarios à 360 ° autour de l'usine. Le juge n'est pas entouré par suffisamment de gens compétents. Mon bureau était en face du bâtiment 221 et je peux vous assurer que les conditions de sécurité étaient respectées contrairement à ce que disent certains témoignages de sous-traitants . C'est parole contre parole.

Le groupe Total finance à hauteur de 200 000 euros votre association. C'est beaucoup d'argent…

Vous faites dans le sordide. On a pas à se justifier, ni rien à cacher. Cet argent provient d'accords négociés sur l'utilisation de fonds qui revenaient au comité d'entreprise. Avec nos cotisations, il doit nous aider à financer certaines activités jusqu'en 2014, date du terme des dernières préretraites. Tout a été dit en assemblée générale. Nous n'avons plus rien à voir avec Total.
Recueilli par G.-R. S.


[Tout est dit, enfin… presque…]
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(1) Nigaud : (selon Larousse encyclopédique en 1 volume, 1987) : personne « d’une crédulité excessive ».
   Par exemple (exemple personnel, 2004) : personne qui croit et vénère, sans désemparer, un procureur qui, 3 jours après une catastrophe encore non élucidée 30 mois plus tard, affirme, sans rire :
    « Il y a 90 % de chances que ce soit un accident dû au fait que le nitrate d’ammonium incriminé aurait été le siège d’un processus chimique engagé depuis quatre-vingt ans, un processus long, complexe, qui a dû s’accélérer dans les jours qui ont précédé l’explosion » (déclaration de M. Bréard, procureur de la République, le 24/9/2001, telle que rapportée par Le Monde du 28/9/2001).
(2) Canard : (selon le même Larousse) « … Fam. fausse nouvelle, journal,… Canard boîteux : … entreprise que sa mauvaise gestion rend incapable de survivre… ».
Henri Farreny  (21-04-2004)
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